Les facteurs d’isolement

« L’isolement ne touche pas seulement les aînés. Des gens de tout âge souffrent aussi de solitude.

Le bénévolat chez Les Petits Frères permet de mettre en relation toutes ces personnes qui se sentent seules. »

Caroline Sauriol, directrice générale des Petits Frères, en entrevue avec Marie-France Bazzo.

 

L’isolement est causé par divers facteurs :

    1. la perte des proches ;
    2. les pertes physiques et de mobilité ;
    3. les problèmes de santé mentale et les atteintes cognitives ;
    4. le fait de vivre seul ;  
    5. la pauvreté.

 

1) La perte de des proches

Les transitions de vie chamboulent le quotidien, que ce soit le départ à la retraite, la perte du permis de conduire ou le déménagement en résidence, sans parler de la perte de proches. Ces événements réduisent les contacts sociaux et causent l’isolement [1].

  • 72 % des femmes ayant entre 85 et 89 ans sont veuves (vs 38 % d’hommes dans la même tranche d’âge).
  • 60 % des Vieux Amis ont vécu en couple.
  • 54 % des Vieux Amis habitent maintenant en résidence ou en CHSLD.

À la suite de ces événements difficiles, Les Petits Frères recréent une famille autour d’aînés isolés du grand âge. Cela leur redonne le goût à la vie, comme en témoigne Madame Tremblay, une touchante Vieille Amie.

« Le décès de mon mari a été terrible pour moi. Cet homme-là n’a pas été seulement mon mari : il a été mon compagnon fidèle et mon confident pendant 65 ans, ma seule famille. À son décès, je me suis retrouvée complètement seule et j’ai perdu l’envie de vivre.

Puis, un beau jour de printemps, Les Petits Frères sont entrés dans ma vie. Personne ne pourra jamais remplacer mon Maurice, c’est vrai. Mais grâce aux Petits Frères, j’ai retrouvé une famille ! Je me sens écoutée, respectée et surtout, je ne me sens plus seule. J’ai repris goût à la vie. Merci ! »

Madame Martin, Vieille Amie 

 

2) Les pertes physiques et de mobilité

  • _MG_3400 (2)À partir de 80 ans, la dégénérescence du corps est deux fois plus rapide.
  • 9 personnes sur 10 ayant 65 ans ou plus consomment des médicaments[2].
  • 69 % des gens de 75 ans et plus vivent avec une incapacité.
  • Bon nombre des personnes âgées ayant des problèmes de santé n’ont plus de permis de conduire.
  • 50 % des 75 ans ou plus souffrent de problèmes d’audition (près de 9 personnes sur 10 parmi les résidents de CHSLD)[3].

 

Les problèmes auditifs : un facteur grave d’isolement aux solutions souvent bien simples

Après l’arthrite et l’hypertension, la perte auditive causée par le vieillissement est la troisième cause d’incapacité chez les aînés. Lorsqu’on n’entend pas bien, on s’isole parce qu’on n’arrive plus à suivre une conversation. Ce repli est malheureusement très néfaste pour la personne. Il entraîne, entre autres, une baisse des performances cognitives de 30 % à 40 % plus importante que celle subie par une personne ayant une bonne santé auditive, selon l’étude du Dr Frank Lin, otologiste et épidémiologiste.

 

« Chers Petits Frères, ce sont eux qui m’ont aidée à continuer à vivre ! J’ai eu une vie très active et stimulante. Quand j’ai appris, il y a quelques années, que j’étais atteinte de dégénérescence maculaire, ma vie a basculé. Perdre la vision était une tragédie pour moi et j’ai commencé à broyer du noir. Mes sorties devenaient limitées, je sentais que je n’avais plus rien devant moi et j’étais démoralisée. La solitude, c’est terrible. Ma rencontre avec Les Petits Frères a été un baume dans mon existence. Je suis heureuse aujourd’hui, car j’ai rencontré Les Petits Frères. Ce sont des amis. »
— Madame Gagné, Vieille Amie des Petits Frères de Montréal

Lire davantage de témoignages sincères des Vieux Amis

 

Voici comment Les Petits Frères contribuent au mieux-être des Vieux Amis vivant des pertes physiques et de mobilité :

  • Leprogramme Mieux-être permet aux Vieux Amis qui se trouvent en situation financière précaire de se procurer, par exemple, des appareils auditifs, un déambulateur, un lit mécanique et tout autre accessoire qui améliore leur bien-être.
  • Des Vieux Amis ont eu la chance d’obtenir gratuitement une consultation avec des étudiants en audiologie à la clinique universitaire en orthophonie et en audiologie de l’Université de Montréal.Découvrez leur histoire.

 

3) Les problèmes de santé mentale et les atteintes congnitives 

  • picto dame âgée1 aîné sur 4 vit avec un problème de santé mentale (dépression, anxiété, démence).
  • Les personnes âgées se sentant seules sont 64 % plus susceptibles de développer de la démence[4].
  • 15 % de nos Vieux Amis sont atteints de déficits cognitifs.
  • 72 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont des femmes.

Les pertes de mémoire ou autres problèmes cognitifs rendent les contacts sociaux rares et difficiles. Délaissées, oubliées, abandonnées à leur triste sort, les personnes âgées vivant avec des déficits cognitifs sont nombreuses à ne recevoir aucune visite ni marque d’affection. Elles ont pourtant des besoins relationnels et affectifs aussi importants que nous tous.

Certains Vieux Amis vivent aussi avec des problèmes de santé mentale, tels que l’anxiété, les déficiences intellectuelles, la dépression ou d’autres maladies mentales. Leur condition limite leur capacité à créer des liens et notre équipe vise leur intégration et leur épanouissement, peu importe leur âge.

 

Les Petits Frères améliorent la vie de personnes âgées isolées qui vivent avec des problèmes de santé mentale et des déficits cognitifs.

  • Ils accompagnent ces personnes jusqu’à la fin de leur vie. Ils leur offrent, au moyen d’activités et de vacances, de l’affection et de la chaleur humaine. Cela se fait, peu importe leur condition, car nous croyons au respect de la dignité de toute personne et en sa valeur unique et irremplaçable.
  • Ils donnent de laformation aux bénévoles qui accompagnent ces Vieux Amis, afin de les soutenir dans leur démarche.
  • Ils offrent un accompagnement personnalisé et une approche « un pour un ». Leurs activités sont adaptées aux capacités de ces Vieux Amis, par exemple, grâce à la stimulation sensorielle qui maintient les acquis et stimule le contact.
  • Ils intègrent ces Vieux Amis dans différents groupes et leur font vivre les mêmes expériences qu’aux autres. 

 


4) Le fait de vivre seul 

  • 1 personne sur 3 âgée de 75 ans et plus vit seule.
  • 46 % des Vieux Amis habitent encore leur domicile.

Il est difficile, voire impossible, de créer des liens lorsque vous êtes très âgé, que vous habitez seul et que votre santé et votre faible revenu vous retiennent entre vos quatre murs. De plus, il arrive fréquemment que vos proches ne viennent plus vous voir ou soient décédés.

Malheureusement, ces histoires abondent et ce sont souvent les femmes qui en souffrent le plus (parmi les Vieux Amis, 76 % sont des femmes).

Grâce à la présence des Petits Frères dans leur vie, ces personnes savent qu’elles comptent pour quelqu’un. Cela leur ouvre des perspectives et crée de l’espoir. De plus, elles tissent des liens durables qui allègent leurs souffrances causées par l’isolement social, surtout lorsqu’elles sont jumelées.

 

5) La pauvreté

  • 1 aîné sur 2 vit avec moins de 20 000 $ par année[5].
  • Plus de 80 % des Vieux Amis reçoivent le surplus de revenu garanti.

Une grande proportion des Vieux Amis sont démunis et reçoivent le supplément de revenu garanti. Cette grande pauvreté contribue à leur isolement puisqu’ils ont à peine assez pour se loger et se nourrir. Il leur est impensable de dépenser pour participer à des activités sociales, aller au restaurant, s’inscrire à des activités ou posséder un véhicule pour se déplacer.

Quelques besoins essentiels sont toutefois couverts par certaines actions des Petits Frères.

  • Tous les services des Petits Frères sont entièrement gratuits.
  • Leprogramme Mieux-être permet aux Vieux Amis en situation financière précaire de se procurer des accessoires qui améliorent leur bien-être (par ex., appareils auditifs, lits mécaniques, déambulateur, etc.).
  • Les Vieux Amis ont aussi la possibilité de se procurer gratuitement des biens provenant des dons du public àLa Boutique Les Petits Frères, située sur la rue Gilford à l’angle de Garnier, à Montréal.

 

 

 

 

RÉFÉRENCES

[1] Conseil national des aînés. Rapport sur l’isolement social des aînés (2013-2014) : http://www.conseildesaines.gc.ca/fra/recherche_publications/isolement_social/page00.shtml

[2] Enquête québécoise sur les limitations d’activités, les maladies chroniques et le vieillissement, Institut de la statistique du Québec, 2013.

[3] http://ordredeproteger.com/blog/2015/04/29/audiologistes-audioprothesistes-aines/

[4] Tjalling Jan Holwerda, Dorly J H Deeg, Aartjan T F Beekman, Theo G van Tilburg, Max L Stek, Cees Jonker, Robert A Schoevers. « Feelings of loneliness, but not social isolation, predict dementia onset », J Neurol Neurosurg Psychiatry, 2014, vol. 85, no 2, p. 135142 : http://jnnp.bmj.com/content/early/2012/11/06/jnnp-2012-302755.abstract?sid=5dc7047e-bdcc-43c5-8d88-98dc181740de

[5] Ministère de la Famille et des Aînés du Québec. Les Aînés du Québec, 2012

[6] Ohio State University. Loneliness, like chronic stress, taxes the immune system : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2013-01/osu-llc011713.php

[7] John T. Cacioppo, Stephanie Cacioppo, John P. Capitanio et Steven W. Cole, « The Neuroendocrinology of Social Isolation » Annu. Rev. Psychol., 2015, 66:9.1–9.35 : https://static1.squarespace.com/static/531897cde4b0fa5080a9b19e/t/542082a5e4b07b5243b7766a/1411416741117/the-neuroendocrinology-of-social-isolation.pdf

[8] Dara Sorkin, Karen S. Rook, John L. Lu. « Loneliness, lack of emotional support, lack of companionship, and the likelihood of having a heart condition in an elderly sample », Ann Behav Med, 2002, vol. 24, no 4, p. 290-298 : http://link.springer.com/article/10.1207/S15324796ABM2404_05

[9] Louise C. Hawkley, John T. Cacioppo. « Loneliness Matters: A Theoretical and Empirical Review of Consequences and Mechanisms », Ann Behav Med, 2010, vol. 40, no 2, p. 218-227 : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3874845/

[10] Robert S. Wilson, Kristin R. Krueger, Steven E. Arnold, Julie A. Schneider, Jeremiah F. Kelly, Lisa L. Barnes, Yuxiao Tang, David A. Bennett. « Loneliness and Risk of Alzheimer Disease », Arch Gen Psychiatry, 2007, vol. 64, no 2, p. 234-240 : http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=482179

[11] Julianne Holt-Lunstad, Timothy B. Smith, Mark Baker, Tyler Harris et David Stephenson. « Loneliness and Social Isolation as Risk Factors for Mortality: A Meta-Analytic Review », Perspectives on Psychological Science, 2015, vol. 10, p. 227-237 : http://pps.sagepub.com/content/10/2/227.full.pdf+html

[12] Conseil national des aînés. Rapport sur l’isolement social des aînés (2013-2014) : http://www.conseildesaines.gc.ca/fra/recherche_publications/isolement_social/page00.shtml

[13] ttp://www.dailymotion.com/embed/video/x18r8nn?api=postMessage&apiKey=d2117b78de822e22bd58&autoplay=false&from=&fullscreen=auto&html=false&id=f133dbe61&info=false&sc_insite_webapp=true&webapp_referer=

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