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En bonne compagnie

20 septembre 2018

Mme Ricard (Vieille Amie) et Isabelle Dallafior (bénévole)

Mme Ricard (Vieille Amie) et Isabelle Dallafior (bénévole)

Nous avons rencontré en entrevue Mme Ricard, une Vieille Amie accompagnée par Les Petits Frères. Elle nous parle de son jumelage réussi avec Isabelle Dallafior : quand deux personnes sont tout simplement bien ensemble.

Parlez-nous un peu de vous.
Je vais avoir 90 ans dans une semaine. Je viens du Bas-du-Fleuve et je suis arrivée à Montréal au début de la vingtaine. Une de mes amies m’avait alors demandé si je voulais aller habiter chez M. et Mme Letondal, un couple de personnes âgées de Montréal, pour prendre soin d’eux.

J’ai accepté et j’ai pris le train pour Montréal. J’ai pleuré tout le long du trajet, c’était un gros changement et j’étais sous le choc. Ils m’ont accueillie comme si j’étais leur fille. J’étais logée et nourrie et je recevais un très bon salaire pour l’époque. J’ai habité avec eux pendant quelques années, par la suite je suis partie en logement et je suis revenue habiter à nouveau avec M. Letondal, qui m’a demandé de m’occuper de lui lorsque sa femme est décédée. Je les ai beaucoup aimés et eux aussi.

Par la suite, j’ai travaillé à La Presse aux annonces classées, tout en suivant des cours du soir en anglais. Un jour, j’ai vu une annonce pour aller travailler chez Bell comme téléphoniste. J’y suis restée 32 ans. Après ma retraite, j’ai fait du bénévola­­t durant près de 15 ans dans un hôpital où j’ai accompagn­­é des malades.

Je suis ensuite allée habiter en résidence, où j’ai reçu il y a quatre ans un feuillet qui parlait des Petits Frères et de leur accompagnement. L’idée a fait son chemin, j’ai appelé et on m’a mise en contact avec une intervenant­e, Nathalie Desforges. J’ai tout de suite aimé tout ce qu’offre l’organisme et l’esprit qui l’anime. J’ai remarqué combien il existait une véritable charité entre les gens, peut-être même plus que dans certaines communautés religieuses auxquelles on associe souvent cette valeur. J’ai commencé en assistant à des repas sur Garnier, en fêtant Noël et Pâques et en faisant des séjours de vacanc­es à Oka. Nous sommes tellement bien accueillis !

Êtes-vous actuellement jumelée avec quelqu’un ?
Oui, mais… je dois vous dire que je ne comprenais pas très bien au départ ce que c’était le jumelage, même si on me l’avait expliqué. Je ne pouvais pas voir ce que qu’une bénévole et moi pouvions faire ensemble. Ça prend aussi des affinités et des intérêts communs, qui sont bien importants dans ce genre de relation. Comme ce n’était pas assez clair dans ma tête, j’avais décidé que je ne voulais pas être jumelée.

J’ai fait la connaissance à l’automne 2017 d’une bénévole, Isabelle Dallafior, lors d’un séjour à Oka. C’était sa première journée chez Les Petits Frères et je l’ai tout de suite remarquée. J’ai demandé à ce qu’on me la présente. J’ai tout de suite vu que c’était une personne de qualité, très distinguée et très aidante, qui aime la culture, tout comme moi. En discutant, nous nous sommes découvert beaucoup de points communs. Depuis ce temps, nous faisons des sorties ensemble, comme au cinéma, au théâtre ou au restaurant. Il n’y a aucune obligation, nous apprécions tout simplement la compagnie l’une de l’autre. C’est informel et c’est peut-être pour ça que ça fonctionne si bien.

Que serait un jumelage réussi selon vous ?
Je pense que ça prend une personne qui est prête à en aider une autre, peu importe sa condition. Il faut aussi qu’il y ait des affinités entre les deux personnes, pour que la relation puisse se développer et se maintenir.

Qu’est-ce que le fait d’être jumelée vous apporte ?
Le fait d’être jumelée m’apporte beaucoup de respect et de paix. Chez Les Petits Frères, nous sommes toujours accueillis comme des amis, avec beaucoup de gentillesse. Je suis bien ici.

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